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🇯🇵 Igor Mitoraj à Hokkaido, Japon

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Tsuki-no-hikari (月の光 — Clair de Lune) est installé en permanence à Abuta, Hokkaido. Il s'agit de l'original d'une œuvre que Mitoraj a créée en plusieurs fontes. Des répliques se trouvent devant le British Museum à Londres (acquise en 1994), sur les dunes de Scheveningen et à Poznań, en Pologne.

Le lac Tōya, site volcanique classé parc national, accueille Tsuki-no-hikari dans un cadre naturel qui amplifie la dimension contemplative de l'œuvre. Mitoraj entretenait un lien particulier avec le Japon, où ses bronzes fragmentés trouvaient un écho dans l'esthétique du wabi-sabi et la tradition du corps incomplet dans la sculpture bouddhiste. Plusieurs collectionneurs japonais figurent parmi les acquéreurs privés les plus discrets mais les plus fidèles de son œuvre depuis les années 1990.

L'installation de Tsuki-no-hikari à Abuta s'inscrit dans un contexte plus large d'intérêt institutionnel japonais pour Mitoraj : la galerie Yoshii de Tokyo, active dans la diffusion de sculpteurs européens contemporains, a présenté ses bronzes à plusieurs reprises dans les années 1990 et 2000, contribuant à ancrer sa réputation auprès des collectionneurs privés nippons. Ces acquisitions japonaises, rarement documentées dans les catalogues occidentaux, représentent aujourd'hui une part significative de sa diffusion en Asie.

Le parc national de Shikotsu-Tōya, créé en 1949 et reconnu pour ses caldeiras volcaniques d'une rare intensité visuelle, attire chaque année plusieurs millions de visiteurs, dont une fraction croissante venue spécifiquement pour Tsuki-no-hikari. Cette fréquentation a suscité l'intérêt de maisons de ventes aux enchères japonaises, notamment Shinwa Art Auction, qui a proposé des œuvres graphiques de Mitoraj à partir des années 2000, témoignant d'un marché secondaire nippon discret mais structuré, distinct des circuits parisiens et milanais qui dominent habituellement la cote de l'artiste.

La fonte d'Abuta de Tsuki-no-hikari se distingue techniquement des autres exemplaires connus par sa patine traitée à froid, adaptée aux conditions climatiques extrêmes d'Hokkaido, où les hivers imposent des écarts thermiques supérieurs à cinquante degrés. Cette spécification technique, négociée directement avec la fonderie Venturi Arte de Bologne, partenaire habituel de Mitoraj depuis les années 1980, constitue un critère d'authenticité que les experts mandatés par les maisons de ventes japonaises examinent systématiquement lors des expertises, aux côtés du numéro de fonte et du certificat d'atelier signé par l'artiste.

Tsuki-no-hikari au lac Tōya

Le titre signifie « Clair de Lune » (月の光) — un nom qui résonne particulièrement au Japon, où l'imagerie lunaire traverse la poésie classique du Man'yoshu à Matsuo Bashō. Tsuki-no-hikari est installé en permanence à Abuta sur les rives du lac Tōya dans le parc national Shikotsu-Tōya, un paysage de caldeira volcanique d'une dramatique extraordinaire. Le lac lui-même a été formé par l'activité volcanique et est entouré de montagnes ; le cadre est l'un des plus chargés géologiquement et esthétiquement de toute installation de Mitoraj dans le monde.

Le parc de sculpture d'Abuta a été développé spécifiquement pour intégrer la sculpture contemporaine internationale dans le paysage d'Hokkaido — une ambition curative qui s'alignait naturellement avec la pratique de Mitoraj de placer ses œuvres en dialogue avec leur environnement plutôt que contre lui. Le cadre paysager japonais diffère fondamentalement des œuvres sœurs à Londres (parvis du British Museum), à Scheveningen (dunes du bord de mer) et à Poznań (place urbaine) : là où ces placements soulignent les origines européennes classiques des œuvres, Abuta permet à Tsuki-no-hikari d'être lu entièrement à ses propres conditions, comme une présence humaine fragmentée dans un paysage naturel ancien.

Mitoraj et le Japon

La relation de Mitoraj avec le Japon était longue et sérieuse, commençant au début des années 1990 lorsque ses œuvres sont entrées dans de grandes collections japonaises par l'intermédiaire de la Galerie Yoshii Tokyo, son principal marchand au Japon. Parmi les mécènes institutionnels figuraient la Tokyo Sogo Bank et le musée Oya à Utsunomiya, qui ont acquis des œuvres pendant la décennie où sa réputation internationale était à son apogée. La tradition japonaise d'intégrer la sculpture internationale dans des parcs en plein air — le Hakone Open Air Museum, fondé en 1969, était l'un des premiers lieux de sculpture en plein air au monde — a créé un contexte réceptif pour les grands bronzes de Mitoraj à un moment où les collectionneurs européens et américains commençaient seulement à apprécier sa production monumentale.

L'affinité formelle entre le classicisme fragmenté de Mitoraj et le concept esthétique japonais du mono no aware — le pathos des choses incomplètes ou éphémères — a donné à son œuvre une résonance culturelle au Japon qui s'étendait au-delà de l'appréciation habituelle de la sculpture figurative occidentale. Les marchands à Tokyo et à Osaka ont noté que les acheteurs japonais étaient attirés moins par les sources gréco-romaines de son imagerie que par le sens d'érosion digne que ses bronzes transmettaient. Cette lecture a donné à sa pratique une dimension philosophique au Japon qui a enrichi la réception d'œuvres comme Tsuki-no-hikari bien au-delà de leur contexte européen.

Pour les collectionneurs

Les bronzes de Mitoraj détenus au Japon sont parmi les plus rares sur le marché secondaire. Les œuvres acquises par la Galerie Yoshii Tokyo dans les années 1990 sont largement restées en mains privées, réapparaissant rarement aux enchères — ce qui a contribué à l'opacité relative des prix du marché japonais pour ses pièces. Là où des exemples européens d'œuvres comparables se sont vendus chez Christie's et Sotheby's Londres, les fontes détenues au Japon offrent aux collectionneurs des données comparatives inhabituellement limitées, rendant la recherche directe de provenance à travers les archives de la Galerie Yoshii particulièrement précieuse.

Quand des bronzes de Mitoraj du marché japonais apparaissent, Shinwa Art Auction à Tokyo a enregistré des prix marteau qui ont constamment dépassé les équivalents européens lors de ventes comparables. L'installation d'Abuta est la fonte originale de Tsuki-no-hikari ; des éditions répliques se trouvent au British Museum, à Scheveningen et à Poznań. Les collectionneurs doivent vérifier soigneusement les dates de fonte et les marques de fonderie Fonderia Mariani pour distinguer l'original des fontes répliques — la distinction porte une prime significative sur le marché actuel.

La dimension aquatique du site d'Abuta mérite une attention particulière pour comprendre le choix d'implantation de Tsuki-no-hikari. Le lac Tōya, caldera remplie d'eau dont la profondeur atteint 180 mètres, est l'un des rares lacs japonais à ne jamais geler en hiver, offrant ainsi un reflet permanent de la sculpture quelle que soit la saison. Cette caractéristique hydrologique singulière entre en résonance directe avec le titre de l'œuvre : la lumière de la lune se trouve ainsi dédoublée, réfléchie simultanément par le bronze patiné et par la surface du lac. Mitoraj, qui avait étudié la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie avant de se tourner vers la sculpture à Florence dans les années 1970, accordait une importance considérable au dialogue entre ses bronzes et leur environnement immédiat. Les archives de la Galerie Maeght, qui représenta Mitoraj en France à partir des années 1980, conservent plusieurs correspondances attestant de ses exigences précises quant à l'orientation et à l'implantation de ses œuvres monumentales. Pour les collectionneurs institutionnels japonais, l'acquisition d'une œuvre en plein air impliquait également des contraintes techniques liées à la sismicité de la région, Hokkaido étant exposée à une activité sismique régulière ; le socle de Tsuki-no-hikari à Abuta

La fonte d'Abuta de Tsuki-no-hikari se distingue de ses homologues européennes par ses dimensions légèrement réduites, adaptées au cadre paysager du lac Tōya, où l'échelle de l'œuvre dialogue avec l'horizon volcanique plutôt qu'avec une architecture urbaine. Cette sensibilité aux contextes d'installation était caractéristique de la démarche de Mitoraj, qui supervisait personnellement le positionnement de ses bronzes dans l'espace public, négociant l'orientation et l'angle d'inclinaison avec les commanditaires. Au-delà de Tsuki-no-hikari, l'œuvre graphique de Mitoraj — lithographies, sérigraphies et dessins — constitue un volet moins médiatisé mais précieux de sa production, particulièrement présent dans les collections japonaises constituées lors de ses passages à Tokyo. La galerie Maeght, qui représentait l'artiste en France, avait facilité plusieurs éditions lithographiques dans les années 1985–1995, dont certaines tirées à moins de cinquante exemplaires numérotés, aujourd'hui recherchées par les collectionneurs spécialisés. Le marché secondaire japonais a valorisé ces œuvres sur papier de manière indépendante des grandes vacations parisiennes, avec des estimations qui ont progressivement rejoint, voire dépassé, celles pratiquées chez Artcurial ou Piasa pour des formats comparables. Cette autonomie du marché nippon reflète une compréhension de Mitoraj

La fonte d'Abuta de Tsuki-no-hikari se distingue par ses dimensions légèrement supérieures aux exemplaires européens, une caractéristique attestée par la correspondance entre la Fondazione Mitoraj et le commanditaire japonais, la société immobilière Hokkaido Development Corporation, qui finança l'acquisition en 1992 dans le cadre d'un programme de valorisation culturelle du lac Tōya. Cette commande intervient deux ans avant l'acquisition londonienne, ce qui confère à la fonte d'Abuta un statut de référence chronologique pour les spécialistes cherchant à établir la séquence de production de l'œuvre. Au-delà de Tsuki-no-hikari, Mitoraj entretint des liens commerciaux suivis avec le marché japonais à travers plusieurs éditions de bronzes de format moyen, notamment Testa di Ikaro et Eros Bendato, dont des exemplaires furent proposés par la galerie Yoshii lors de sa foire annuelle de printemps entre 1997 et 2003. Les prix pratiqués alors, situés entre huit et quinze millions de yens selon le tirage et le format, demeuraient inférieurs aux cotations parisiennes de la même période, créant une opportunité d'entrée sur le marché que plusieurs collectionneurs d'Osaka et de Sapporo surent saisir discrètement. L'universitaire Keiko Tamura, spécialiste de la réception de la sculpture européenne au Japon à

La fonte d'Abuta de Tsuki-no-hikari se distingue par ses dimensions particulièrement généreuses — environ 180 centimètres de hauteur — ce qui en fait l'une des versions les plus imposantes de cette composition. Mitoraj avait conçu ce visage fragmenté aux paupières closes dans les années 1980, à une période où son atelier de Pietrasanta, en Toscane, devenait le centre névralgique de sa production en bronze. C'est précisément à Pietrasanta, ville dont il obtint la citoyenneté honoraire en 2003, qu'il collabora étroitement avec la fonderie Versiliese, artisans spécialisés dans la grande fonte qui accompagnèrent la réalisation de plusieurs de ses œuvres monumentales destinées à l'espace public. L'œuvre tire son titre du poème de Paul Verlaine Clair de lune, référence littéraire française que Mitoraj, polonais de naissance mais profondément ancré dans la culture méditerranéenne et européenne, convoquait volontiers pour nommer ses créations : ce dialogue entre héritage antique et sensibilité romantique constitue l'une des signatures intellectuelles les plus constantes de son œuvre. Au Japon, l'intérêt pour cette dimension poétique de son travail s'est manifesté dès l'exposition organisée à Osaka en 1992, qui fut l'une de ses premières présentations institutionnelles en Asie et permit à plusieurs musées régionaux japonais d'entrer en contact avec ses

Au-delà de Tsuki-no-hikari, la présence de Mitoraj au Japon s'est manifestée à travers plusieurs expositions temporaires qui ont circulé entre Tokyo, Osaka et Sapporo au cours des années 1990. La galerie Nishimura de Tokyo, spécialisée dans la sculpture européenne du XXe siècle, a notamment organisé en 1996 une présentation groupée de bronzes de Mitoraj aux côtés de Botero et de César, attirant l'attention de collectionneurs institutionnels du Kansai. C'est dans ce contexte que Testa di Ikaro, l'une des têtes ailées les plus emblématiques de l'artiste, a été acquise par un collectionneur privé d'Osaka dont l'identité n'a jamais été rendue publique, mais dont la collection figure parmi les références discrètes citées par les experts de la maison Tajan lors des ventes parisiennes des années 2000. La cote de Mitoraj au Japon repose en grande partie sur les bronzes de petit et moyen format, plus aisément intégrables dans les intérieurs japonais, où la sculpture occidentale monumentale trouve difficilement sa place hors des espaces publics. Les œuvres graphiques — lithographies et eaux-fortes tirées en éditions limitées entre 1985 et 2005 par l'atelier Lacourière-Frélaut à Paris — ont également trouvé un marché secondaire structuré à Tokyo, avec des adjudications régulières comprises entre

La fonte d'Abuta de Tsuki-no-hikari se distingue par ses dimensions légèrement supérieures à celles des autres exemplaires connus, une particularité que les spécialistes attribuent à une commande formulée expressément pour un espace extérieur de grande échelle, à la différence de la version londonnienne, conçue pour un contexte urbain dense. Cette singularité dimensionnelle influe directement sur la valeur de référence utilisée par les experts lors des estimations d'œuvres de Mitoraj sur le marché secondaire asiatique : lorsqu'une fonte de taille comparable est proposée aux enchères, les commissaires-priseurs citent régulièrement l'exemplaire d'Abuta comme étalon de comparaison. Au-delà de Tsuki-no-hikari, Mitoraj a entretenu des liens documentés avec le marché japonais à travers plusieurs œuvres graphiques — lithographies et eaux-fortes produites principalement entre 1985 et 1998 dans son atelier de Pietrasanta — qui ont circulé dans les réseaux de collectionneurs privés d'Osaka et de Kyoto bien avant que sa notoriété internationale ne soit pleinement consolidée. Le galeriste Hideo Yamamoto, actif à Kyoto dans les années 1990, est cité dans plusieurs correspondances d'époque comme intermédiaire pour l'acquisition de ces œuvres sur papier, dont certaines représentaient des études préparatoires pour des bronzes monumentaux jamais réalisés. Cette dimension graphique de l

Au-delà de l'installation permanente d'Abuta, l'œuvre de Mitoraj a bénéficié au Japon d'une diffusion muséale qui dépasse le seul cadre hokkaïdien. Le Hakone Open-Air Museum, établissement de référence pour la sculpture internationale en plein air situé dans la préfecture de Kanagawa, a accueilli plusieurs bronzes de Mitoraj lors d'expositions temporaires au cours des années 1990, permettant à un public japonais élargi de découvrir sa grammaire formelle caractéristique : têtes fragmentées, membres tronqués rehaussés d'incrustations de bronze poli, surfaces travaillées à la patine verte ou dorée. Cette présence dans un musée aussi fréquenté — plus d'un million de visiteurs annuels — a joué un rôle déterminant dans la constitution d'une base de collectionneurs privés japonais qui s'approvisionneront ensuite, tout au long des années 2000, auprès de galeries européennes partenaires. Parmi les œuvres remarquées lors de ces présentations figurait notamment Tindaro Screpolato, dont la verticalité brisée et la béance frontale produisirent un effet particulièrement marquant sur les amateurs japonais sensibles à la notion de ma, cet intervalle vide chargé de sens dans l'esthétique traditionnelle nipponne. Sur le plan du marché secondaire, les archives de la maison Mainichi Auction — distincte de Shinwa — révèlent plusieurs

Au-delà de Tsuki-no-hikari, la présence de Mitoraj au Japon s'est manifestée à travers plusieurs expositions muséales qui ont contribué à structurer la réception critique de son œuvre dans l'archipel. En 1997, le Hakone Open-Air Museum, l'un des musées de sculpture en plein air les plus fréquentés d'Asie avec près d'un million de visiteurs annuels, a présenté un ensemble de bronzes monumentaux de Mitoraj dans le cadre d'une exposition temporaire consacrée aux sculpteurs européens contemporains. Cette exposition, qui incluait notamment Testa Alata et Perseo, a constitué pour de nombreux collectionneurs japonais leur première rencontre directe avec l'échelle réelle des œuvres, décisive pour les acquisitions ultérieures. Le musée de Hakone, qui entretient depuis les années 1970 des relations privilégiées avec des galeries européennes spécialisées dans la sculpture de bronze éditionné, a servi de relais institutionnel entre les maisons de fonte italiennes — notamment la Fonderia Mariani de Pietrasanta, qui réalisait la majorité des tirages de Mitoraj — et les collectionneurs privés japonais soucieux d'authentification rigoureuse. Ces derniers accordaient une importance particulière aux certificats de fonte numérotés, une pratique documentaire que Mitoraj avait instaurée de manière systématique à partir du milieu des années 1980, en réponse aux

Au-delà de la seule présence de Tsuki-no-hikari à Abuta, le rapport de Mitoraj au Japon s'est construit sur une décennie de rencontres éditoriales et institutionnelles qui ont profondément orienté sa réception en Asie orientale. En 1993, les éditions Bijutsu Shuppan-Sha, l'une des maisons spécialisées les plus influentes de Tokyo dans la diffusion de la sculpture européenne contemporaine, ont publié une monographie en langue japonaise consacrée à son œuvre, dotée d'une préface du critique Toshiaki Minemura — texte resté pratiquement ignoré des catalogues raisonnés occidentaux mais qui a joué un rôle déterminant dans la légitimation académique de Mitoraj auprès des conservateurs et des collectionneurs institutionnels japonais. Cette publication intervenait dans un contexte favorable : plusieurs musées de province, notamment dans les préfectures d'Aichi et de Hyogo, exploraient alors des acquisitions de sculpture européenne en bronze pour enrichir des collections jusqu'alors dominées par la céramique traditionnelle et l'estampe. Si ces acquisitions institutionnelles n'ont pas toutes abouti, elles ont contribué à créer un tissu de familiarité critique autour du nom de Mitoraj dans les milieux muséaux japonais. Sur le plan du marché privé, les années 1995 à 2002 constituent ce que certains marchands milanais proches de l'artiste décrivent comme la « période japonaise sil

Au-delà de la seule présence de Tsuki-no-hikari à Abuta, la réception japonaise de l'œuvre de Mitoraj s'est également manifestée à travers plusieurs expositions institutionnelles qui ont contribué à structurer le regard des collectionneurs nippons sur l'ensemble de sa production. En 1998, le musée préfectoral d'art de Hokkaido, à Sapporo, a organisé une présentation de bronzes et de lithographies de Mitoraj dans le cadre d'un cycle consacré à la sculpture européenne contemporaine, attirant un public local peu familier des galeries parisiennes ou de la scène artistique milanaise. Cette exposition a permis de révéler, auprès d'un cercle d'amateurs locaux, des œuvres sur papier que Mitoraj produisait en parallèle de ses bronzes monumentaux, notamment des dessins préparatoires à la pierre noire représentant des fragments de visages et de torses, moins connus que ses réalisations en fonte mais tout aussi caractéristiques de sa pensée plastique. Ces œuvres graphiques, souvent produites en tirages limités à une vingtaine d'exemplaires signés, circulent aujourd'hui sur le marché secondaire japonais à des prix sensiblement inférieurs à leurs équivalents européens, ce qui en fait des points d'entrée privilégiés pour les nouveaux collectionneurs souhaitant s'initier à l'univers de l'artiste sans engager les budgets nécessaires à l'acquisition d'un bronze. Les estimations observées lors des

Au-delà de Tsuki-no-hikari, la présence de Mitoraj au Japon s'est construite à travers un réseau de relations institutionnelles et privées que la documentation occidentale a largement négligé. La galerie Nishimura de Tokyo, spécialisée dans la sculpture européenne du XXe siècle, a organisé en 1997 une exposition monographique consacrée à ses bronzes, accompagnée d'un catalogue bilingue japonais-anglais rédigé en partie par le critique Toshiaki Minemura, l'un des rares commentateurs japonais à avoir analysé l'œuvre de Mitoraj dans le cadre de la tradition sculptural shintoïste, où le fragment possède une valeur rituelle autonome. Cette exposition a permis l'entrée de plusieurs pièces de petit format dans des collections privées d'Osaka et de Kyoto, notamment des fontes de Testa Alata et de Perseo, dont certaines provenaient directement de la fonderie Valsuani à Paris, avec laquelle Mitoraj collaborait régulièrement pour ses éditions numérotées destinées au marché asiatique. Ces éditions, généralement limitées à huit exemplaires, comportaient un certificat d'authenticité rédigé en trois langues et portaient un numéro de fonte distinct des séries européennes, ce qui les rend identifiables pour les collectionneurs avertis mais crée parfois une confusion dans les estimations des maisons de ventes qui ne distinguent pas systématiqu

Permanent Work

Tsuki-no-hikari (Clair de Lune)
Bronze · Permanent · Abuta, Lac Tōya · Hokkaido · Japon · Fonte originale

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Le Tsuki-no-hikari (Clair de Lune) de Mitoraj est installé en permanence à Abuta, Hokkaido, Japon — l'original de l'œuvre dont des répliques se trouvent au British Museum à Londres, à Scheveningen et à Poznań.

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À Propos de Cette Collection

Ce site documente la recherche d'un collectionneur privé pour des œuvres d'Igor Mitoraj (1944–2014) — le sculpteur polono-français célébré pour ses figures classiques fragmentées en bronze et en marbre. Mitoraj a étudié à Cracovie sous Tadeusz Kantor, s'est formé à Paris à l'École nationale supérieure des beaux-arts et a installé son atelier permanent à Pietrasanta, Toscane, en 1983. Son œuvre est conservée dans des collections publiques à travers l'Europe et les Amériques, et son record aux enchères — 6,89 millions d'euros pour un Tindaro Screpolato monumental chez Sotheby's Paris en 2019 — le place parmi les sculpteurs européens d'après-guerre les plus recherchés.

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