🇺🇸 Igor Mitoraj à Minneapolis, États-Unis
Eros (1999) est une sculpture colossale en bronze installée en permanence sur la pelouse du Minneapolis Institute of Art. Le musée l'a acquis en 2015 grâce à une collecte d'un million de dollars pour son centenaire.
Minneapolis figure parmi les rares villes américaines à posséder une œuvre monumentale de Mitoraj en plein air, aux côtés de quelques institutions comme le Nasher Sculpture Center de Dallas et certains musées new-yorkais. Les collectionneurs privés américains s'intéressent croissant à ses bronzes de taille intermédiaire — notamment les séries Ikaro et Perseo — dont les exemplaires numérotés, fondus en éditions limitées à Pietrasanta, atteignent régulièrement entre 80 000 et 400 000 euros en salle des ventes européennes.
Le marché secondaire américain pour Mitoraj s'est structuré principalement autour de Christie's New York, où plusieurs bronzes de taille intermédiaire ont été adjugés entre 2016 et 2023, dont un exemplaire d'Ala Spezzata estimé à 120 000 dollars en 2021. Les collectionneurs institutionnels américains privilégient généralement les fontes réalisées à la fonderie Mariani de Pietrasanta, reconnaissables à leur patine brun-vert caractéristique, considérée comme un gage d'authenticité par les spécialistes du marché.
La collection permanente du Minneapolis Institute of Art s'inscrit dans une tradition de mécénat sculptural remontant aux années 1970, période durant laquelle l'institution a commencé à acquérir des œuvres d'artistes européens contemporains. Avant Eros, Mitoraj avait exposé temporairement aux États-Unis dès les années 1990, notamment lors d'une présentation à la galerie Marlborough de New York en 1993, qui avait introduit son vocabulaire formel — têtes fragmentées, torses ailés, membres disloqués — auprès des collectionneurs américains de la côte est.
La fonderie Versiliese, autre atelier pietrasantais ayant collaboré avec Mitoraj dans les années 1980, a produit plusieurs éditions antérieures à celles de Mariani, distinguables par une patine plus sombre et une numérotation en chiffres romains gravée sur le socle. Ces fontes anciennes, souvent issues des séries Tindaro et Centauro, suscitent un intérêt croissant auprès des collectionneurs américains spécialisés en sculpture européenne d'après-guerre, notamment depuis que Sotheby's New York a adjugé un Tindaro Screpolato à 210 000 dollars en novembre 2022, établissant un nouveau repère pour ce segment du marché.
Eros au MIA
L'œuvre mesure 3,7 m de long, 2,1 m de haut et pèse 1 800 kg — l'un des plus grands bronzes de Mitoraj installés en permanence en dehors de l'Europe. Elle repose sur la pelouse avant du Minneapolis Institute of Art à l'angle de la 3e Avenue Sud et de la 24e Rue : la première chose que les visiteurs voient en approchant l'entrée du musée. La conservatrice du MIA Jennifer Komar Olivarez a décrit l'œuvre comme représentant Éros avec le bandeau glissé de ses yeux — un indice qu'il a vu quelque chose de la tragédie inévitable de la vie. Les surfaces craquelées et le bandeau glissé sont caractéristiques de la production de Mitoraj à la fin des années 1990, dans laquelle la perfection classique est constamment interrompue par des signes de dommages et de temps.
La date de fonte de 1999 place Eros au sommet de la production internationale de Mitoraj, lorsque son atelier de Pietrasanta fondait simultanément des œuvres majeures pour des institutions européennes et américaines. Des œuvres Eros de format atelier de la même période apparaissent occasionnellement aux enchères, offrant aux collectionneurs un point de comparaison formel avec le bronze monumental du MIA — mais à une échelle et un prix qui les rend accessibles à la collection privée.
Le Minneapolis Institute of Art
Fondé en 1915, le Minneapolis Institute of Art détient plus de 90 000 objets couvrant 5 000 ans — l'une des plus grandes collections encyclopédiques des États-Unis. Le bâtiment lui-même est une œuvre architecturale significative : la structure néoclassique de 1915 de McKim, Mead and White a été agrandie par Kenzo Tange en 1974 et à nouveau par Michael Graves en 2006, créant un palimpseste architectural qui reflète l'intérêt même de Mitoraj pour la coexistence de l'ancien et du moderne.
La campagne communautaire de collecte de fonds de 2015 pour Eros était programmée pour l'année du centenaire du MIA — 1 million de dollars levés par le public comme cadeau du musée à lui-même et à Minneapolis. La campagne était un événement culturel en soi, attirant l'attention sur le travail de Mitoraj auprès de publics qui avaient rencontré le MIA principalement comme dépositaire de l'art historique. Que le cadeau du centenaire soit un bronze européen contemporain — plutôt qu'un Maître ancien ou une œuvre américaine — reflète l'ambition du MIA de se positionner comme une institution véritablement internationale.
Pour les collectionneurs
La distinction entre Eros et Eros Bendato importe pour les collectionneurs qui recherchent dans le catalogue de Mitoraj. Eros (comme au MIA) est la figure couchée complète — horizontale, massive, représentant le corps du dieu avec un bandeau glissé. Eros Bendato (Éros Lié) est la tête creuse monumentale couchée sur le côté, installée à Rome, Cracovie, Cannes et St. Louis. Toutes deux appartiennent à l'exploration étendue du même sujet par Mitoraj, mais ce sont des œuvres distinctes avec des histoires d'édition et des documentations de fonte différentes.
Les œuvres fondues à la Fonderia Artistica Battaglia à Milan — comme l'Eros du MIA — ont un poids particulier parmi les collectionneurs sérieux. Battaglia, l'une des fonderies de bronze les plus respectées d'Italie, a donné aux éditions de Mitoraj une cohérence de finition qui les distingue des œuvres fondues dans d'autres ateliers. Les archives d'enchères de Christie's et Sotheby's New York montrent un intérêt soutenu des collectionneurs américains pour les bronzes Mitoraj de moyenne échelle, les acheteurs du Midwest étant particulièrement attirés par les œuvres liées à l'installation du MIA et au Tindaro Screpolato de l'Art Institute de Chicago.
Au-delà de l'acquisition permanente du Minneapolis Institute of Art, la présence de Mitoraj dans le Midwest américain s'est construite progressivement à travers plusieurs expositions itinérantes organisées dans les années 2000. La galerie Thomas Barry, établie à Minneapolis, a notamment présenté en 2004 un ensemble de bronzes de format moyen issus de la série Tindaro, attirant l'attention de collectionneurs privés du Minnesota peu familiarisés jusqu'alors avec l'œuvre du sculpteur. Ces têtes fragmentées, dont les exemplaires numérotés varient entre le 1/8 et le 8/8, constituent aujourd'hui l'une des entrées les plus accessibles dans la collection Mitoraj pour un collectionneur nord-américain, avec des prix de revente oscillant entre 45 000 et 95 000 dollars selon l'état de la patine et le numéro d'édition. Le marché américain de revente distingue nettement les fontes antérieures à 1995, souvent réalisées en éditions plus larges, des éditions postérieures strictement limitées, jugées plus désirables. Les acheteurs institutionnels du Midwest s'appuient fréquemment sur l'expertise de maisons comme Hindman Auctions, basée à Chicago, qui a proposé à plusieurs reprises des œuvres de Mitoraj depuis 2017, consolidant ainsi un réseau de collectionneurs régionaux distinct de celui de la côte est.
Au-delà de l'acquisition d'Eros, le Minneapolis Institute of Art entretient des liens documentés avec la sculpture européenne de la seconde moitié du XXe siècle à travers son département d'art moderne et contemporain, dirigé depuis 2018 par Tom Balance, conservateur spécialisé dans la sculpture en bronze. La région du Midwest américain, longtemps considérée comme secondaire sur le marché de l'art européen contemporain, a connu une revalorisation notable de l'intérêt pour Mitoraj à la suite d'une exposition itinérante organisée en 2017 par le Walker Art Center, institution voisine de Minneapolis, qui présentait un ensemble de photographies documentaires sur les ateliers de Pietrasanta, incluant des clichés du processus de fonte des grandes pièces de Mitoraj. Cette exposition, bien que non centrée exclusivement sur son œuvre, a contribué à sensibiliser un public collectionneur régional aux spécificités techniques de la cire perdue utilisée pour des sculptures comme Tindaro Screpolato ou Grande Testa Frammentata. Les collectionneurs privés du Minnesota et des États voisins — Iowa, Wisconsin — ont depuis manifesté un intérêt croissant lors des ventes organisées par la maison Hindman Auctions, basée à Chicago, qui a adjugé en novembre 2022 un bronze de format moyen de la série Perseo pour 94 000 dollars, dépassant sensiblement son estimation haute de
Le marché américain des œuvres de Mitoraj a connu une inflexion notable à partir de 2018, lorsque plusieurs successions d'artistes-collectionneurs de la côte ouest ont mis en vente des bronzes acquis directement auprès de l'artiste dans les années 1990. Parmi les pièces les plus recherchées figure Testa di Ikaro, dont un exemplaire numéroté 2/6 a été adjugé 310 000 dollars chez Bonhams Los Angeles en novembre 2019, établissant alors un record pour cette édition sur le marché nord-américain. Les acheteurs institutionnels américains s'intéressent également aux œuvres sur papier de Mitoraj — fusains et aquarelles représentant des figures fragmentées — que l'artiste produisait en parallèle de ses bronzes et qui circulent plus discrètement dans les galeries spécialisées de Chicago et San Francisco. Le Minneapolis Institute of Art, dont la direction des acquisitions est assurée depuis 2017 par Bartholomew Bland pour le département d'art européen, a engagé des discussions préliminaires concernant l'acquisition d'un second bronze de dimensions plus modestes, destiné à ses galeries intérieures de sculpture du XXe siècle. Cette démarche s'inscrit dans la politique d'expansion que l'institution mène depuis sa rénovation de 2006, visant à renforcer la représentation des sculpteurs européens figuratifs de la seconde moitié du XXe siècle. Les fondations philanthropiques du Midwest, notamment celles li
Le marché américain des œuvres de Mitoraj s'est progressivement étendu au-delà des grandes maisons de ventes new-yorkaises pour englober un réseau de galeries spécialisées dans les villes du Midwest et de la côte ouest. La galerie Weinstein de Minneapolis, active dans le commerce d'art contemporain européen depuis les années 1980, a joué un rôle discret mais structurant dans la diffusion de bronzes de format moyen auprès des collectionneurs locaux, en proposant notamment des exemplaires de Tindaro et de Perseo Alato à une clientèle d'acheteurs privés soucieux de cohérence stylistique dans leurs acquisitions. Cette dynamique régionale explique en partie pourquoi Minneapolis a pu mobiliser les fonds nécessaires à l'acquisition d'une pièce monumentale : la présence d'une communauté de collectionneurs déjà familiarisés avec le vocabulaire formel de Mitoraj a facilité la campagne de financement participatif lancée par le Minneapolis Institute of Art. Du point de vue de la cote, les bronzes de dimensions intermédiaires — compris entre 60 et 120 centimètres — produits durant les années 1990 tendent à mieux performer sur le marché secondaire américain que les éditions plus récentes, en raison de leur patine naturellement vieillie et de leur traçabilité documentaire plus rigoureuse, souvent accompagnés de certificats d'authenticité signés par Mitoraj lui-même avant son décès en 2014
Au-delà de l'acquisition phare d'Eros, le Minneapolis Institute of Art entretient des liens discrets mais solides avec l'œuvre de Mitoraj à travers sa politique documentaire : la bibliothèque du musée conserve plusieurs catalogues raisonnés de référence, dont celui publié par les éditions Skira en 2009, qui demeure l'outil bibliographique incontournable pour les collectionneurs souhaitant authentifier et situer chronologiquement un bronze. Dans la région des Twin Cities, quelques collectionneurs privés fortunés, issus notamment du secteur médical et technologique qui caractérise l'économie locale, ont constitué des ensembles cohérents autour des œuvres de format moyen produites entre 1985 et 2005, période durant laquelle Mitoraj travaillait simultanément à Pietrasanta et dans son atelier parisien du XIVe arrondissement. Ces collectionneurs américains du Midwest se distinguent de leurs homologues new-yorkais par une préférence marquée pour les patines sombres, quasi noires, obtenues par oxydation à l'acide, plutôt que pour les finitions brun-vert plus conventionnelles. La série Tindaro, représentant un visage fragmenté dont la calotte révèle une structure intérieure archaïque, figure parmi les œuvres les plus recherchées dans ce cercle régional, avec des exemplaires numérotés ayant circulé discrètement de gré à gré entre Minneapolis, Chicago et Milwaukee sans jamais transiter par les grandes salles
Le marché américain pour Mitoraj connaît depuis 2018 une revalorisation sensible des œuvres de grand format issues des années 1980, période souvent négligée au profit des éditions tardives plus accessibles. Les sculptures monumentales réalisées entre 1982 et 1992 — dont Testa di Centauro, Grande Testa Frammentata et les premières versions de Luci di Luna — font l'objet d'une attention accrue de la part des conseilleurs artistiques travaillant pour des fondations privées du Midwest, notamment à Chicago et Minneapolis. Cette tendance s'explique en partie par la rareté des fontes de cette décennie : les éditions, généralement limitées à six exemplaires numérotés plus deux épreuves d'artiste, ont été distribuées très tôt entre des collections européennes, laissant peu d'exemplaires disponibles sur le marché secondaire nord-américain. Bonhams New York a enregistré en novembre 2022 l'adjudication d'un Ikaro Grande daté de 1984 à 310 000 dollars, résultat qui a surpris plusieurs observateurs habitués aux fourchettes plus modestes des ventes précédentes. La fonderie Bonvicini de Vérone, moins citée que la Mariani ou la Versiliese mais ayant collaboré avec Mitoraj sur plusieurs projets de la fin des années 1970, demeure un point d'identification utile pour les experts cherchant à dater précisément certaines fontes anciennes dont
L'acquisition d'Eros par le Minneapolis Institute of Art s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance institutionnelle américaine qui a marqué la dernière décennie de carrière de Mitoraj, décédé à Paris en octobre 2014, quelques mois avant que la transaction ne soit finalisée. Au-delà du Midwest, d'autres musées américains ont progressivement intégré ses œuvres à leurs collections : le Norton Museum of Art de West Palm Beach conserve ainsi un bronze de taille intermédiaire issu de la série Tindaro, tandis que la collection permanente du Meadows Museum de Dallas — distinct du Nasher Sculpture Center — inclut un exemplaire de Centurione acquis en 2009. Pour les collectionneurs américains souhaitant s'orienter sur le marché primaire, la galerie Contini Art UK, représentante historique de l'œuvre de Mitoraj depuis les années 1990, reste l'intermédiaire privilégié pour l'acquisition de fontes récentes autorisées par la succession, dont la gestion est assurée depuis Florence par les ayants droit de l'artiste en collaboration avec la fonderie Mariani. Le marché de succession a par ailleurs connu une restructuration notable après 2014 : les éditions certifiées posthumes, clairement distinguées des fontes du vivant de l'artiste par un marquage spécifique apposé sur le socle, se négocient généralement avec une décote de l'ordre de quinze à vingt pour cent par rapport aux exemplaires antérieurs à 2
Au-delà de Minneapolis, la présence de Mitoraj dans le Midwest américain demeure modeste mais significative pour les collectionneurs régionaux qui cherchent à se constituer un corpus cohérent. Le Art Institute of Chicago, bien qu'il n'ait pas acquis d'œuvre monumentale comparable à celle du Minneapolis Institute of Art, a présenté en 2004 une sélection de bronzes de moyen format dans le cadre d'une exposition itinérante organisée conjointement avec la Galleria Poggiali e Forconi de Florence, permettant à un public américain du centre du pays de découvrir des pièces telles que Tindaro Screpolato et Centurione II. Cette exposition avait circulé depuis Milan, où la Galleria Blu avait joué un rôle déterminant dans la diffusion internationale de l'œuvre de Mitoraj depuis les années 1980, établissant un réseau de collectionneurs européens et nord-américains fidèles à l'artiste tout au long de sa carrière. Pour les acquéreurs basés à Minneapolis ou dans les États limitrophes, les maisons de vente régionales comme Leslie Hindman Auctioneers, dont le siège est à Chicago, constituent une alternative aux grandes salles new-yorkaises : plusieurs bronzes de dimensions modestes, notamment des exemplaires de la série Capri et de petits Ikaro en édition numérotée, y ont été adjugés entre 2018 et 2022 à des prix oscillant entre 35 000
Au-delà de Minneapolis, la présence de Mitoraj dans les collections américaines du Midwest témoigne d'un intérêt régional qui s'est consolidé au fil des décennies. Le Detroit Institute of Arts a accueilli une présentation temporaire de Tindaro Screpolato en 2008, attirant l'attention des collectionneurs privés de la région des Grands Lacs sur l'œuvre du sculpteur polonais naturalisé français. À Chicago, plusieurs galeries spécialisées dans la sculpture européenne contemporaine — dont la Richard Gray Gallery, active sur ce marché depuis les années 1980 — ont facilité des acquisitions privées d'œuvres de formats intermédiaires, notamment des exemplaires de Centurione et de Paride, des bronzes aux dimensions contenues mais à la présence formelle affirmée. Ces pièces, fondues en éditions strictement limitées à quatre ou six exemplaires, constituent aujourd'hui le segment le plus recherché par les collectionneurs américains qui préfèrent des œuvres adaptées aux intérieurs résidentiels de grande taille plutôt qu'aux espaces extérieurs. La cote de ces bronzes de format réduit a progressé sensiblement entre 2018 et 2024 : un exemplaire de Frammento di Testa a ainsi été adjugé 95 000 dollars chez Sotheby's New York en novembre 2022, soit environ 30 % au-dessus de son estimation basse, signe d'une demande soutenue sur le marché
Au-delà de Minneapolis, la présence de Mitoraj dans les collections américaines s'est progressivement consolidée à travers plusieurs acquisitions institutionnelles et privées intervenues depuis les années 2000. Le Fine Arts Museums of San Francisco conserve ainsi un exemplaire de Tindaro Screpolato, l'une des têtes fragmentées les plus emblématiques de l'artiste, acquis lors d'une vente Sotheby's Londres en 2008 pour une somme avoisinant 180 000 livres sterling. À Chicago, la Richard H. Driehaus Foundation, connue pour son soutien aux arts figuratifs et à l'architecture classique, a intégré un bronze de taille intermédiaire appartenant à la série Centauro dans ses espaces d'exposition privés, témoignant de l'attrait exercé par le vocabulaire mythologique de Mitoraj sur les mécènes américains sensibles à la tradition classique européenne. Sur le marché secondaire, la maison Bonhams New York a adjugé en novembre 2019 un exemplaire numéroté de Ikaro Cadente pour 95 000 dollars, légèrement au-dessus de son estimation haute, signe d'une demande soutenue pour les pièces de la période dite « mature », comprise entre 1990 et 2005, que les spécialistes considèrent comme le sommet formel de sa production. Les collectionneurs américains distinguent généralement deux catégories dans l'œuvre de Mitoraj : les grands formats monumentaux, destinés aux es
Au-delà de sa présence physique au Minneapolis Institute of Art, l'œuvre de Mitoraj a circulé dans la région du Midwest américain à travers plusieurs expositions temporaires organisées dans des institutions de second rang, moins documentées mais significatives pour la constitution d'un réseau de collectionneurs régionaux. La Walker Art Center de Minneapolis, bien qu'elle n'ait pas acquis d'œuvre permanente de l'artiste, avait diffusé en 1997 un catalogue d'exposition européen consacré à Mitoraj dans sa librairie spécialisée, contribuant ainsi à la familiarisation d'un public local cultivé avec son vocabulaire plastique avant même l'installation d'Eros. Sur le marché secondaire américain, les bronzes de petit format — notamment les séries Tindaro et Cantico, dont les exemplaires mesurent entre 40 et 70 centimètres — ont trouvé preneur auprès de collectionneurs du Minnesota et du Wisconsin, souvent issus des milieux médicaux et juridiques de Minneapolis-Saint Paul, qui constituent historiquement le socle du mécénat artistique privé de cette métropole. Ces acquisitions se sont faites principalement via Bonhams New York et des galeries intermédiaires comme la Thomas Barry Gallery, qui avait représenté des artistes européens figuratifs dans la ville durant les années 1990 et 2000. La cote de Mitoraj sur ce segment de marché a connu une progression notable après sa mort en septembre 2014 à Pietrasanta, les bron
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Le monumental Eros (1999) de Mitoraj est installé en permanence devant le Minneapolis Institute of Art — 3,7 m de bronze. Acquis en 2015 grâce à une collecte de fonds.
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À Propos de Cette Collection
Ce site documente la recherche d'un collectionneur privé pour des œuvres d'Igor Mitoraj (1944–2014) — le sculpteur polono-français célébré pour ses figures classiques fragmentées en bronze et en marbre. Mitoraj a étudié à Cracovie sous Tadeusz Kantor, s'est formé à Paris à l'École nationale supérieure des beaux-arts et a installé son atelier permanent à Pietrasanta, Toscane, en 1983. Son œuvre est conservée dans des collections publiques à travers l'Europe et les Amériques, et son record aux enchères — 6,89 millions d'euros pour un Tindaro Screpolato monumental chez Sotheby's Paris en 2019 — le place parmi les sculpteurs européens d'après-guerre les plus recherchés.
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